Faut-il utiliser la transplutonienne Eris ?

Faut-il utiliser la transplutonienne Eris ?

 

Les astrologues modernes ont intégré successivement à leur pratique Uranus, Neptune et Pluton, la Lune noire, Chiron. Etant donné la série d’événements plus surprenants les uns que les autres des dix dernières années, n’est-il pas temps d’intégrer la transplutonienne Eris à notre panthéon planétaire ? Pour tenter de répondre à cette question, je vous propose de croiser ce que nous savons d’Eris sur le plan astronomique et mythologique avec les événements survenus depuis 2005/2006, et plus particulièrement ceux survenus l’année dernière (2016) et  cette année (2017).

L’astrophile poète Jean Carteret supposait, dans les années 60, l’existence de deux autres planètes afin d’arriver à un second septénaire se manifestant sur un autre plan que le premier septénaire. Il avait dénommé ces deux astres Vulcain et Proserpine. Il considérait le Soleil noir et la Lune noire comme le pendant des deux luminaires, tout comme Uranus et Neptune de Jupiter et Saturne. Vulcain (planète encore à découvrir) était en dialectique de Mercure, tout comme Pluton et Proserpine (planète à découvrir) l’étaient de Mars et de Vénus.

 

 

La découverte d’Eris

La transplutonienne Eris a été découverte le 5 janvier 2005 à 11h20 à San Diego par M.B. Brown, C.A.Trujillo et D.L. Rabinowitz mais cette découverte a été annoncée le 29 juillet 2005.

Eris, c’est 67 fois la distance Terre – Soleil, c’est-à-dire grosso modo deux fois plus loin que Neptune et Pluton qui sont respectivement à 30 et 40 U.A.

 

Son cycle sidéral est de 556,4 ans, ce qui correspond à un cycle tropique de  545 ans. Eris va actuellement très lentement. Elle est entrée en Bélier en 1925 et en sortira en 2045. Elle est depuis 2016 à 23° Bélier et ce jusqu’à 2020.

 

Cette planète d’un diamètre de 2338km (la moitié de celui de Mercure) est le corps céleste qui présente la plus forte excentricité (0,44). A titre de comparaison, l’excentricité de Chiron est de 0,38 et celle de Pluton de 0,25.
Du fait de cette excentricité de 0,25 Pluton demeure 12 ans dans le Scorpion, signe de son périhélie et 30 ans dans le signe du Taureau, signe de son aphélie.  Chiron ayant une excentricité encore plus prononcée, l’écart est encore plus important. Il demeure 2 ans et demi dans la Balance, signe de son périhélie et 9 ans en Bélier, signe de son aphélie.

Eris, comparativement, reste une dizaine d’années à son périhélie en Balance et une centaine d’années à son aphélie en Bélier comme c’est le cas maintenant.  Eris va donc 10 fois moins vite en Bélier qu’en Balance.

 

Eris dont l’orbite coupe le plan de l’écliptique à 5° Taureau, se caractérise par autre irrégularité majeure. Son orbite fait un angle de 44° par rapport à l’écliptique.

 

20 mois pour trouver le nom d’Eris

A sa découverte, en janvier 2005,  la planète naine 2003 UB 313 s’appelle provisoirement Xena. Au passage, signalons que le thème de Lucy Lauwless qui incarne Xena au cinéma présente une quintuple conjonction Ascendant, Soleil, Lune, Eris et Saturne en Bélier. La célèbre actrice est née le 29 mars 1968 à 6h25 à Auckland.

 

La découverte de ce corps céleste a entraîné une querelle mémorable chez les astronomes…. Certains d’entre eux voulaient le considérer comme une nouvelle planète. D’autres, voyant qu’il existait d’autres astres transneptuniens, ne voulaient plus entendre parler de nouvelles planètes. Pour rester cohérent avec eux-mêmes ils considéraient même qu’il fallait déclasser Pluton. Les seconds l’emportèrent lors de la 26ème Assemblée générale de l’Union Astronomique Internationale (UAI) qui vota à Prague le 24 août 2006 le déclassement de Pluton, vote acquis par seulement 424 votants sur 2700 astronomes.

 

Comme l’avait pressenti Jean Carteret, ce corps céleste a failli s’appeler Proserpine.  Mais problème… Un satellite portait déjà ce nom. Quelqu’un proposa de l’appeler Eris en souvenir de cette mémorable querelle entre astronomes. Cette proposition  fut retenue le 6 septembre 2006 et adoptée le 13 septembre 2006. Le satellite d’Eris fut, ce même jour, dénommé Dysnomie, le nom d’une des filles d’Eris. Eris signifie « discorde » tandis que Dysnomie implique l’idée de difficultés avec les lois.

Le choix de l’inconscient collectif n’est pas si anodin que cela. Il n’a pas choisi n’importe quelle figure de la mythologie grecque. Il faut sans doute chercher au-delà de la querelle provoquée par la découverte d’Eris chez les astronomes. D’après la mythologie, Eris est fille de la Nuit et petite fille du Chaos. Tout un programme.

 

Une succession d’événements surprenants depuis 2005/2006

Nous avons assisté depuis la découverte d’Eris à une succession d’événements tout à fait surprenants. Evoquons les plus significatifs.

C’est à partir de 2005 que dans l’exploration l’infiniment grand on découvre les exoplanètes.

C’est le 13 octobre 2006 la naissance de l’organisation terroriste État islamique (EI).

C’est la même année la création de Wikileaks par Julien Assange.

 

C’est en 2008, coup sur coup,

  • le 8 août à 8h08 l’ouverture des Jeux Olympiques à Pékin.
  • le 15 septembre, la faillite de la banque Lehman Brothers.
  • le 4 novembre, la victoire tout à fait inattendue d’un candidat noir aux élections américaines en la personne de Barack Obama.
  • Le 15 novembre la présence des chefs d’états au G20.

 

 

On se souvient de la démission tout à fait inimaginable du Benoît XVI le 11 février 2013, démission suivie, le 13 mars,  de l’élection tout à fait inattendue d’un pape argentin, le pape François.

L’année suivant, Abou Bakr al-Baghdadi proclame le 29 juin 2014 l’instauration d’un califat sur les territoires sous son contrôle.

 

Eris et les transsaturniennes

Il ne se forme aucune aucune conjonction de planètes lentes entre 2010 et 2020. En revanche, si l’on tient compte d’Eris, on observe une conjonction Uranus-Eris entre le printemps 2016 et le printemps 2017.

 

Or, pendant cette courte période, bien des inconnus sont devenus, tout à coup, célèbres.

Les partisans du Brexit emmenés par Boris Johnson l’emportent  au Royaume-Uni en juin 2016.

Donald Trump s’impose comme candidat républicain et devient à la surprise générale président des Etats-Unis en novembre 2016.

Il en va de même pour Emmanuel Macron en France le 24 avril 2017.

On peut aussi évoquer le scandale des Panama papers qui éclate en mai 2016.

 

 

La victoire d’Emmanuel MACRON sous le signe d’Eris

Emmanuel Macron (E.M.) est né avec Eris conjoint au nœud Sud opposé à Pluton et au trigone d’un côté de Neptune  et de l’autre de Mars, ce qui dessine une belle structure de cerf-volant.

 

Sa biographe indique qu’il a été très fortement marqué par le décès de sa grand-mère maternelle qui est morte dans ses bras. Cette grand-mère, Germaine Noguès, a joué un rôle-clé dans son éducation. Elle décède, à 97 ans, le 13 avril 2013. On note ce jour-là une quadruple conjonction en Bélier Uranus (9°) Eris (22°) Soleil (23°) et Vénus (27°). François Hollande, à  ce moment-là, ne lui prodiguera pas le réconfort dont il a besoin.  E.M. lui en voudra de cette indifférence. C’en est terminé de la belle connivence existant entre E.M. et celui qui l’avait choisi comme conseiller puis ministre du Budget.

Trois ans plus tard, alors qu’il est encore ministre, il lance son mouvement En Marche le 6 avril 2016 à 20h. Sa grand-mère, née le 5 octobre 1916,  aurait 100 ans six mois plus tard. On note une quintuple conjonction en Bélier : Vénus (0°) la Lune (7°),   le Soleil (17°), Uranus (20°) et  Eris (22°). « Elle m’aurait dit que c’était fou, souligne E.M.,  mais elle m’aurait laissé faire ».

Le thème d’En Marche, d’une manière étonnante,  ressemble non seulement  à celui du décès de sa grand-mère mais également à celui de Brigitte Macron, caractérisé par une conjonction Eris (8°), Lune (19° ), Vénus (22°) Soleil (23°) en Bélier au carré d’Uranus (14°).

Le point commun entre ces trois thèmes saute aux yeux  : Soleil, Vénus et Uranus sont étroitement reliés à Eris en Bélier.

 

Eris et la mythologie grecque.

 

Eris est très présente dans la mythologie grecque. Homère nous en parle par exemple dans le chant IV de l’Iliade.
 

« […] la Discorde infatigable,
Tout à la fois compagne et sœur de l’homicide Arès,
Qui d’abord se dresse timidement, mais qui bientôt
Touche du front le ciel et de ses pieds foule la terre. »

Homère, Iliade IV, 440

 

() Et Discorde aux fureurs sans mesure,

Sœur et aussi compagne d’Arès, guerrier sanguinaire ;

Elle, toute petite, d’abord se dressa, mais ensuite,

Tout en foulant le sol, atteignit le ciel de sa tête.

Cette fois encore, elle vint semer la querelle,

Et, se mêlant dans la foule, accrut les plaintes des hommes.

Homère, Iliade IV, 440

 

Hésiode, quant à lui, nous situe Eris par rapport à sa mère et ses enfants.  A l’évidence il ne faut pas s’attendre au repos avec Eris.

 

Elle, Nuit, l’affreuse enfanta

Eris au cœur dur.

Eris la sinistre enfanta

Travail douloureux,

Oubli, avec Faim

Et Souffrances qui font pleurer,

Querelles et Combats,

Assassinats et Massacres d’hommes,

Disputes et Discours menteurs,

Non moins que Réclamations,

Mépris des lois et démence

Qui s’accordent ensemble

Et Serment qui plus que tout autre

Fait souffrir sur la terre

Les hommes, lorsque l’un d’eux,

Sachant ce qu’il fait, se parjure.

Théogonie 224–232

 

Virgile nous en donne une description dans deux passages de l’Enéide :

 

Et la Discorde insensée,

Avec sa chevelure vipérine entrelacée

De bandelettes ensanglantées.

VI,280

 

Et la Discorde qui s’avance,

réjouie de sa robe déchirée,

VIII, 702

 

Eris et la pomme de discorde

Eris n’est pas invitée au mariage de Pelée et de Thétys car Zeus ne veut pas d’histoire pendant ce mariage. Pour se venger de ce qu’elle considère comme une injustice, elle s’invite au mariage. Elle réussit à créer la zizanie en jetant une pomme en or portant l’inscription « A la plus belle ». Trois déesses veulent se saisir de cette pomme : Héra, Athéna et Aphrodite.

 

Zeus, ne voulant pas jouer les arbitres, demande à Hermès de choisir un jeune berger pour trancher le différend. Le messager de Zeus jette son dévolu sur le beau Pâris qui, sans le savoir, est le fils de Priam, le roi de Troie. Chacune des prétendantes fait campagne auprès de Pâris. Héra promet à Pâris l’Asie et l’Europe, la richesse et la gloire en quelque sorte. Athéna lui promet l’intelligence et le courage, bref la victoire dans toutes les guerres. Aphrodite lui promet tout simplement la plus belle femme de la terre. Le jeune Pâris n’hésite pas un instant. Il donne la pomme en or à Aphrodite qui lui révèle que la plus belle femme est Hélène, l’épouse du roi grec Ménélas. Pâris se rend immédiatement en Grèce. Il est bien reçu par le roi Ménélas et ses proches. Comme, neuf jours plus tard, Ménélas se rend en Crète à un enterrement. Pâris en profite pour enlever Hélène et l’emmener à Troie. C’est un affront pour les Grecs. Le puissant Agamemnon se porte au secours  de son frère. Et c’est parti pour une guerre qui va durer dix ans.

 

Comment sortir de la vengeance ?

 Ce ne sont pas seulement les trois déesses Hera, Athéna et Aphtrodite qui se querellent dans l’Iliade.

C’est d’abord la querelle d’Achille avec Agamemnon. C’est ensuite celle de Pâris avec Ménélas, puis les choses s’enveniment avec Hector qui tue Patrocle. C’est alors, pour se venger, qu’Achille tue Hector.

La vengeance est la réaction naturelle mais elle ne mène nulle part. La bonne réaction, c’est de réfréner la vengeance. Priam, le père d’Hector, veut récupérer le cadavre de son fils. Il supplie Achille de le lui donner. Pour ce faire, il sait toucher le cœur d’Achille et il y a cette scène sublime où Priam et Achille pleurent ensemble, l’un sur son fils, l’autre sur son ami.

 

Eris et le rapt d’héritage

Avec Eris il est souvent question de rapt. Et celui qui a été l’objet d’un rapt devient lui-même capable d’opérer un rapt.

Emmanuel Macron a eu une très forte connivence avec sa grand-mère. Elle était telle qu’à 5 ans il a demandé à vivre chez elle.

La Bible raconte une captation d’héritage. Jacob confie à Joseph la tunique qui aurait du revenir à Ruben, le fils aîné. Les onze frères de Joseph sont jaloux de cette préférence et songent à le tuer pour récupérer sa tunique. Finalement ils le vendent à des marchands mais ils font croire à leur père Jacob qu’il a été tué.

La suite est connue :  le père vit le deuil de son fils bien-aimé, et c’est la famine qui sévit en Canaan et la nécessité d’aller en Egypte chercher de la nourriture.

Joseph, après avoir été vendu, est allé en prison où il fait preuve d’un véritable don pour interpréter les rêves. Le pharaon lui demande d’interpréter les siens. Il est à tel point étonné par la justesse de ses interprétations qu’il le nomme gouverneur de son pays. C’est lui qui va mettre de côté de la nourriture pendant les sept années de vaches grasses. Joseph fera profiter les siens des réserves égyptiennes lorsqu’ils viendront en Egypte quêter de la nourriture. Joseph ne révèle pas tout de suite son identité. Le temps de la mise à l’épreuve terminé, il se fait reconnaître d’eux et leur pardonne.

 

L‘apport d’Eris dans l’interprétation astrologique

Pour comprendre les événements qui se déroulent actuellement, il est indispensable, à mon avis, de faire appel à Eris. L’apport d’Eris nous semble également jouer dans l’interprétation du thème individuel.

Cette déesse de la discorde  joue habilement des différences en divisant pour régner. Elle survient sans prévenir. En négatif : c’est la thématique de la vengeance. La personne qui se sent humiliée se venge en semant la zizanie autour d‘elle. En positif c’est la thématique de l’émulation. Nous sommes face à une combattante qui puise son énergie dans la rage de laver l’affront subi.

 

La maison dans laquelle se trouve Eris semble indiquer le domaine dans lequel la personne a l’impression de vivre une injustice, de se sentir blessée, voire humiliée. Mais celle-ci comprend de manière exceptionnelle tout ce qui touche ce domaine et elle peut s’y révéler très audacieuse et très brillante.

Les réactions à l’affront subi sont très variables. Elles peuvent aller de la vengeance (Achille) ou de la soumission (Hélène) au pardon (Achille ou Joseph) en passant par l’émulation.

 

Eris et l’irrégularité

Pluton et Eris sont marqués, au niveau astronomique, par de fortes irrégularités. Pluton nous avait familiarisé avec la notion de désordre. Eris persiste et signe en matière de désordre. Eris nous confronte à la complexité, à l’oeuvre au noir diraient les alchimistes. Chaque jour ne nous apporte-t-il pas son lot de révélations en matière d’irrégularités : fraudes, rumeurs, mensonges. Et le comble : ces irrégularités sont « légales ».

S’ébauche une nouvelle légalité éloignée de la légalité à laquelle nous avons été longtemps accoutumés.

Nous sommes entrés dans une phase pour le moins chaotique. Espérons qu’elle augure d’un monde nouveau qui pourra émerger sous la configuration plus clémente du sextile Uranus-Neptune en 2024-2025.

 

Planète et planète naine

L’arrivée d’Eris nous incite à mieux cerner la différence entre une planète et   une planète naine.

A mon sens, une planète est un corps céleste qui a mouvement relativement régulier et qui entretient des rapports précis avec les autres corps célestes. Uranus et Neptune ont par exemple entre eux un rapport du simple au double au niveau de la durée de leur cycle et  un rapport 3/2 au niveau de leur distance au Soleil. Quand les Anciens parlaient d’harmonie des sphères, ce n’était pas uniquement de la poésie.

Les planète naines comme Pluton et Eris sont des corps célestes qui ne présentent pas la même régularité. Elles se déplacent, en raison de leur excentricité, à des vitesses très variables et en raison de leur forte inclinaison, sortent pendant toute une partie de leur cycle du zodiaque. Elles symbolisent par rapport aux planètes le « désordre », la « complexité ». Il faut probablement songer à un statut spécial pour ces corps célestes dont l’orbite interfère avec celles d’autres corps célestes. L’orbite de Pluton croise celle de Neptune et d’Eris comme l’orbite de Chiron croise celle de Saturne et d’Uranus. Ne faudrait-il pas donner comme un statut de Janus à ces corps célestes qui présentent de si fortes irrégularités et qui relient des mondes bien différents ?

 

Données des thèmes mentionnés dans l’article

Découverte d’Eris : 5-1-2005 à 11h20 à San Diego (Californie)

Germaine Nogues née Arribet 5-10-1916  à 7h30 à 65000 Tarbes (grand mère maternelle d’Emmanuel Macron)  selon E.C. Yves Lenoble

Brigitte Macron : 13-4-1953 à 15h à Amiens  (E.C. D. Geslain)

Emmanuel Macron : 21-12-1977 à 10h40 à Amiens (E.C. D. Geslain)

En Marche : 6-4-2016 à 20h à Paris (selon direct internet Yves Lenoble)

 

 

Ce contenu a été publié dans Actualités. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *