L’origine des périodes planétaires

Les périodes planétaires dont parle Maurice Charvet dans le n°27 de la revue Astrolabe sont celles données par Junctin de Florence dans le Traité des révolutions solaires ( p. 116 dans l’ouvrage publié par les Cahiers Astrologiques). Comme vous pouvez le constater dans le tableau ci-dessous ces périodes divisent l’année de 365 jours en 7 périodes inégales. Maurice Charvet indiquait ne pas connaître l’origine de cette répartition inégale. Autant il lui semblait normal que le lent Saturne ait la durée la plus longue, autant il s’étonnait du fait que Jupiter ait une durée très courte. Lisons de plus près les textes pour tenter de retrouver l’origine de ces périodes…

Junctin indique sa source. C’est Firmicus Maternus, un astrologue latin du IVème siècle. Quand on compare les données de Junctin et de Maternus on remarque deux changements. Ils concernent Mars et Vénus. Chez Maternus (Mathesis, II,28) Mars a une valeur 46 et Vénus une valeur de 23.

Comment expliquer que 46 et 23 chez Maternus deviennent 36 et 33 chez Junctin ? Il faut savoir que la plupart des manuscrits du Mathesis ne donne pas de valeurs pour Mars : ce chiffre a donc été déduit… La différence porte sur Vénus et elle est provient, comme on va le voir, d’une erreur de copiste.

Maternus donne en effet dans un autre passage de son Mathesis (II,25) les valeurs de périodes non plus au niveau de l’année mais au niveau d’un cycle de 128 ans. Les jours se répartissent sur l’année de 365 jours de manière analogue à la répartition des années sur le cycle de 128 ans. Comme vous pouvez le remarquer à partir des valeurs du tableau, les 23 jours de Vénus sont au 85 jours de Saturne ce que les 8 ans de Vénus sont au 30 ans de Saturne.

A y regarder de plus près, on note des inexactitudes dans les valeurs données par Maternus. Si l’on se base sur les années, les 12 ans de Jupiter devrait donner 34 jours et non 30 et les 15 ans de Mars 42 jours et non 46.

Mais d’où viennent les données de Maternus ? Elle s’inspire d’une tradition plus ancienne attestée par l’astrologue Vettius Valens qui a vécu au second siècle. On retrouve au début du livre IV d’Anthologies le texte-clé car il donne la répartition des années sur un cycle de 129 ans avec leur correspondance au niveau du cycle annuel. On note que Maternus a repris au niveau des années les données de Valens avec une modification portant sur le Soleil qui passe de 19 ans à 18 ans. Ce texte de Valens est capital car les jours correspondent de manière très précise aux années. La cohérence est ici parfaite.

 

Nous sommes en mesure, grâce à ces textes de Valens et de Maternus, d’expliquer l’origine des périodes planétaires et de corriger trois erreurs de transmissions qui portent sur Jupiter, Mars et Vénus. Les périodes planétaires sont la traduction au niveau annuel du cycle mineur que les Anciens utilisaient pour les planètes. En se basant sur les durées indiquées par Vettius Valens, il convient à la vérité d’adopter pour les périodes planétaires 85 jours pour Saturne, 34 jours pour Jupiter, 42 jours pour Mars, 53 jours pour le Soleil, 23 jours pour Vénus, 57 jours pour Mercure et 71 jours pour la Lune.

 

Junctin

(jours)

Maternus

(jours)

Maternus

(année)

Valens

(jours)

Valens

(année)

Saturne

85

85

30

85

30

Jupiter

30

30

12

34

12

Mars

36

46

15

42 1/2

15

Soleil

53

53

18

53 5/6

19

Vénus

33

23

8

22 2/3

8

Mercure

57

57

20

56 2/3

20

Lune

71

71

25

70 5/6

25

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